Effets du labour/non-labour sur l'évolution de la flore
Le travail du sol contribue à l’enfouissement des semences produites par les mauvaises herbes au cours de la campagne précédente.
La meilleure efficacité d’enfouissement est obtenue avec le labour, plus efficace que les travaux profonds sans retournement, eux-mêmes plus efficaces que les travaux superficiels.
Dans le cas du labour, la présence d’une rasette contribue évidemment à la qualité de l’enfouissement.
Comme la majorité des levées est issue de semences germant dans les horizons les plus superficiels, l’enfouissement en profondeur contribue à limiter les infestations dans la culture suivante.
Cependant, le travail du sol a aussi pour effet de remonter des semences anciennes depuis les horizons profonds. Pour certaines espèces aux semences fragiles (vulpin, bromes, gaillet…), le séjour en profondeur pendant un an ou plus induit des pertes de viabilité importantes, de sorte que le labour enfouit plus de semences viables qu’il n’en remonte en surface. Pour d’autres espèces aux semences plus persistantes, la contribution du labour à la réduction des infestations est moins importante.
Le travail du sol superficiel pendant l'interculture a deux fonctions:
d'une part, il détruit les mauvaises herbes présentes après la récolte, qui ne subissent plus la concurrence de la culture et peuvent donc produire un grand nombre de semences. Cette première fonction exige une intervention avant que les graines soient viables. La destruction des espèces présentes par des moyens mécaniques peut être remplacée par un désherbage chimique.
d'autre part, il stimule les levées pendant l'interculture de façon plus ou moinsimportante selon les conditions climatiques, réduisant d'autant le potentiel d'infestation dans la culture suivante.
La suppression du labour peut aussi favoriser le développement de vivaces dans les régions humides et lorsque l'interculture est exclusivement gérée avec des interventions de travail du sol superficielles. La destruction des vivaces nécessite une stratégie de lutte sur l'ensemble d'une succession de cultures(2 voire 3 ans) en privilégiant les interventions chimiques à l'interculture courant septembre/octobre et en se donnant la possibilité d'intervenir avec des herbicides sur les cultures.
Conclusion
Les interventions chimiques sont des solutions efficaces pour détruire les adventices annuelles et vivaces, elles sont rapides à mettre en oeuvre et relativement économiques. Toutefois, les interventions chimiques ne participent pas à l'épuisement du stock semencier. Ces deux solutions sont le plus souvent complémentaires.